Le Goût du panache – Joëlle Desseigne

À la rencontre du livre…

Titre : Le Goût du panache9782343184715r

Auteur : Joëlle Desseigne

Éditions : L’Harmattan

Genre : Roman historique

Publication : septembre 2019


L’histoire…

Au XIXe siècle, dans l’Oise, en lien avec les maisons parisiennes réputées, les tabletiers éventaillistes de Sainte-Geneviève sont les artisans d’un nouvel âge d’or des éventails en France.

Parmi eux, Casimir Fauque, ses employés et ses enfants consacrent leur vie à la fabrication des montres d’éventails. Tandis que l’aîné épaule le père, les filles et le cadet mènent de front une vie amoureuse mouvementée et leur vie professionnelle. Ils doivent composer avec l’arrivée dans la région d’un investisseur ambitieux et de sa jeune femme. Dans l’adversité, Casimir et les siens trouvent de l’aide auprès des Garriguier, d’Andeville.

Modeste sous Louis-Philippe, bouleversé par les révoltes de 1848, l’atelier Fauque se développe en même temps que s’épanouissent l’industrie et le commerce du Second Empire.

Ingénieux, les artisans vont innover sans cesse, jusqu’à l’Exposition universelle de 1967 de Paris.

Les Fauque incarnent la simplicité des fabricants, quand se côtoient le faste des réjouissances impériales et la misère des petites gens, ouvriers de l’industrie ou agriculteurs.

Accessoire de mode et objet d’art, l’éventail est l’un des héros de ce roman. L’amour en est un autre.


L’histoire à l’intérieur de l’Histoire

Je veux d’abord remercier Babelio et les éditions L’Harmattan pour l’envoi de ce livre dans le cadre de l’opération « Masse critique ». Le Goût du panache de Joëlle Desseigne porte bien des casquettes : roman historique sur le XIXe siècle, roman régional sur l’Oise, roman d’amour… Et j’en passe ! C’est tout un programme. Trop vaste peut-être ? Il m’a en effet posé des difficultés auxquelles je ne m’attendais pas.

Avant tout, Le Goût du panache est une grande saga familiale. Le roman se concentre essentiellement sur la famille Fauque, tabletiers éventaillistes à Sainte-Geneviève. Les sept membres de la famille (le grand-père, les parents, deux filles et deux fils) se dévouent à leur art, central dans leur vie. Puis, au fil des bouleversements politiques, des évolutions industrielles et des intrigues amoureuses, la famille perd des membres ou au contraire s’agrandit. Et autour d’elle gravitent d’autres personnages : les Garrigier, artisans à Andeville, les Tabourins, bourgeois parisiens nouvellement installés dans l’Oise, les de Moisans, bienveillants Parisiens… Au final, le roman est peuplé d’une pléthore de personnages, à tel point qu’on en vient à ne plus se souvenir qui ils sont précisément ou même à les confondre. Ce qui est vraiment dommage car aucun n’est gratuit et tous ont un rôle à jouer dans cette grande saga.

Le rythme du récit aussi ne m’a pas vraiment aidée à m’impliquer dans l’histoire. Le style de Joëlle Desseigne est essentiellement descriptif : on se sent très souvent simple spectateur de la vie de ces manufacturiers dans l’Oise du XIXe siècle. En outre, on a l’impression à de trop nombreuses reprises qu’il ne se passe pas grand-chose. En effet, les rebondissements ne sont pas réellement source d’une tension narrative : ils semblent parfois répétitifs, mais surtout les obstacles rencontrés par les personnages sont soit tout de suite surmontés, soit évoqués sans aucune gravité. De ce fait, j’ai senti beaucoup trop de monotonie dans ce texte et je n’ai pas su prendre plaisir à le lire.

Pourtant, Le Goût du panache avait tout pour être un grand roman, tant la période historique où il se situe est riche : le milieu du XIXe siècle avec les tumultes qu’on lui connaît. Les bouleversements politiques, économiques et industriels que la France connaît à partir de 1830 (le point de départ du roman) nous sont racontés par les citoyens ordinaires qui sont aussi les premiers concernés par ces changements. Joëlle Desseigne nous fait vivre une véritable immersion dans une époque et une région. Néanmoins, j’ai le sentiment que la période couverte par le roman était un peu trop longue et que les faits historiques étaient détaillés plus que nécessaire. C’est ce qui a rendu à mon sens ce roman plus descriptif et long à lire.

Un autre de mes regrets est de ne pas avoir eu plus d’informations sur l’artisanat pourtant mis à l’honneur dans ce roman. Ce dernier est au cœur du récit, mais malgré cela, j’ai l’impression que Le Goût du panache oubliait de répondre à une question cruciale : qu’est-ce que la tabletterie ? On sait qu’il s’agit de la fabrication des montures d’éventails, mais j’aurais aimé en apprendre plus. Comment fait-on ces montures ? À quel moment de la fabrication les fait-on ? Quelles sont les autres étapes ? Quels en sont les enjeux et les difficultés ? Autant de questions restées sans réponses… Peut-être sont-elles bien présentes dans le roman, mais perdues dans la masse d’autres informations, si bien que je n’ai pas su les relever. De même, j’aurais bien aimé avoir un glossaire des termes techniques utilisés dans le roman.

Le Goût du panache de Joëlle Desseigne est un vaste roman : celui d’une famille, d’un savoir-faire artisanal, d’une région et d’une époque. Je pense néanmoins que le projet était sans doute un peu trop ambitieux et je me suis perdue entre les différentes facettes de ce livre.

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